
Vieillir s’accompagne de nombreuses transitions : la retraite, les changements de santé, la perte de repères ou encore la multiplication des deuils. Ces étapes, bien que normales, peuvent parfois être déstabilisantes.
Selon Daniel B. Kaplan (2025), environ un tiers des retraités éprouvent des difficultés à s’adapter à certains aspects de la retraite, notamment la diminution des revenus, un changement de milieu de vie ou une modification du rôle social. Ces bouleversements peuvent entraîner de l’isolement, une baisse d’activité, une perte de motivation ou même des symptômes dépressifs.
Cependant, ces périodes de transition ne sont pas uniquement synonymes de difficultés. Elles peuvent aussi devenir des occasions de se redéfinir, de s’adapter et de développer sa résilience. Se préparer à ces changements est essentiel pour donner un sens à cette nouvelle étape de vie.
Qu’est-ce que la résilience ?
La résilience correspond à la capacité d’une personne à s’adapter aux épreuves, à surmonter les difficultés et à retrouver un équilibre malgré les changements. Dans le contexte du vieillissement, elle permet notamment de mieux vivre la retraite, les pertes ou les modifications de l’autonomie.
S’occuper autrement : une clé pour s’adapter
Une façon concrète de soutenir sa résilience est de réfléchir à la manière dont on occupe son temps au quotidien. Les activités que nous choisissons ont un impact direct sur notre bien-être, notre motivation et notre sentiment d’utilité.
Prendre un moment pour se demander : Quelles activités me font du bien ? Qu’est-ce que j’aimerais changer dans mon quotidien ? peut déjà amorcer un processus positif.
Une approche simple consiste à varier ses activités selon cinq dimensions complémentaires : les 5 C. Pour chacune de ces dimensions, il est possible d’identifier une à trois activités concrètes à intégrer dans son quotidien. L’objectif n’est pas d’en faire plus, mais de varier ses occupations pour mieux répondre à ses besoins.
Les 5 C pour nourrir sa résilience
La centration
La centration regroupe des activités qui permettent de se recentrer sur soi et de diminuer la tension interne. Il peut s’agir d’activités physiques plus soutenues ou de tâches concrètes comme le rangement. Ces actions aident à canaliser l’énergie et à retrouver un sentiment de contrôle.
La contemplation
La contemplation correspond à des moments de calme, d’observation et de réflexion. Prendre le temps d’être dans la nature, observer son environnement ou simplement s’arrêter quelques minutes favorise le recul et l’apaisement.
La création
La création répond au besoin de s’exprimer et de produire quelque chose de personnel. Que ce soit par l’art, le bricolage, l’écriture ou toute autre activité créative, elle contribue à donner du sens et à valoriser l’individu.
La contribution
La contribution consiste à poser des gestes qui ont un impact positif sur les autres. Aider un proche, faire du bénévolat ou transmettre ses connaissances permet de renforcer le sentiment d’utilité et d’appartenance.
La connexion
La connexion concerne les liens avec les autres. Les échanges avec la famille, les amis ou la participation à des activités de groupe sont essentiels pour maintenir une bonne santé émotionnelle.
Être accompagné dans ces transitions
Les transitions de vie peuvent parfois nécessiter un accompagnement. L’ergothérapeute peut soutenir cette démarche en aidant à identifier les activités significatives, à les prioriser et à les intégrer de façon réaliste dans le quotidien.
Les changements font partie de la vie, mais avec les bons outils, il est possible de les traverser avec plus de stabilité… et parfois même d’y trouver un nouveau sens.
Références
Kaplan, D. B. (2025). Effets des transitions dans le parcours de vie des personnes âgées.
Inspiré des travaux de Rachel Thibault sur la résilience.


